domingo, febrero 25

La chanteuse irlandaise Sinead O’Connor est morte à 56 ans

 Sinead O’Connor pendant un concert à Utrecht, aux Pays-Bas, le 16 mars 1988.

La chanteuse irlandaise Sinead O’Connor est morte à l’âge de 56 ans, ont rapporté l’Irish Times et la radiotélévision publique irlandaise RTE, mercredi 26 juillet. Les causes de sa mort ne sont pour l’instant pas connues.

Dans un communiqué dont les propos sont rapportés par RTE, la famille de la chanteuse a déclaré : « C’est avec une grande tristesse que nous annonçons la mort de notre bien-aimée Sinead. Sa famille et ses amis sont dévastés et ont demandé l’intimité en cette période très difficile. »

Autrice, compositrice, interprète et musicienne, l’artiste née en 1966 à Dublin avait acquis une renommée mondiale en 1990 avec sa reprise du titre Nothing Compares 2 U de Prince. Sa performance bouillonnante et bouleversante s’est hissée au sommet des hit-parades de l’Europe à l’Australie et a été renforcée par un clip promotionnel où elle interprète le titre les yeux gris fixés dans la caméra, dans un gros plan.

Puissance de sa voix et succès mondial

Outre sa reprise iconique, la chanteuse était connue pour la puissance de sa voix ainsi que pour sa forte personnalité et son refus du conformisme. Elle disait s’être rasé le crâne en réaction aux pressions exercées par les producteurs de disques pour qu’elle soit conventionnellement glamour.

Nothing Compares 2 U a reçu trois nominations aux Grammy Awards et a été le titre principal de son deuxième album, acclamé, I Do Not Want What I Haven’t Got, qui a permis à Rolling Stone de la nommer « artiste de l’année » en 1991.

« Elle a prouvé qu’un artiste pouvait refuser de faire des compromis tout en restant en contact avec des millions d’auditeurs avides de musique de fond », notait alors le magazine.

« Je suis vraiment désolé d’apprendre la mort de Sinead O’Connor », a réagi sur X (ex-Twitter), le premier ministre irlandais, Leo Varadkar, qui a par ailleurs ajouté : « Sa musique était appréciée dans le monde entier et son talent était inégalé et incomparable. »

Au fil de sa carrière, elle a sorti dix albums studio et a reçu en 2023 le premier prix de l’album classique irlandais aux RTE Choice Music Awards 2022, prix musical décerné chaque année par RTE au meilleur album d’un groupe ou musicien né en République d’Irlande ou en Irlande du Nord ou titulaire d’un passeport irlandais.

La chanteuse a reçu une standing ovation et a dédié son prix, obtenu pour son album I Do Not Want What I Haven’t Got (1990), à « chaque membre de la communauté des réfugiés d’Irlande ».

Eglise, IRA… Des prises de position polémiques

La chanteuse irlandaise Sinead O’Connor, le 11 août 2013, lors du Festival interceltique de Lorient.

Les prises de position politiques, culturelles de Sinead O’Connor et sa vie privée ont toutefois souvent éclipsé sa musique.

Au plus fort de son succès, l’artiste, qui avait déclaré avoir été maltraitée par sa mère durant son enfance, avait vivement critiqué l’Eglise catholique, qu’elle accusait de ne pas avoir protégé les enfants victimes d’abus sexuels en son sein et dénoncé le rôle du clergé. En octobre 1992, elle avait ainsi déchiré à la télévision américaine une image du pape Jean-Paul II, et fit de nouveau scandale en 1999 quand une Eglise irlandaise dissidente l’ordonna « prêtresse ».

En 1989, Sinaed O’Connor a également déclaré son soutien à l’Armée républicaine irlandaise (IRA), un soutien sur lequel elle est finalement revenue un an plus tard. A la même époque, elle ne participe pas à la cérémonie des Grammy Awards, qu’elle juge trop commerciale.

Pensées suicidaires

Elle avait ensuite peu à peu disparu du devant de la scène, s’essayant toutefois au reggae en 2005 sur son album Throw Down Your Arms après s’être installée un temps en Jamaïque et avoir exploré les croyances rastas.

Ces dernières années, elle exprimait ses états d’âme sur les réseaux sociaux, menaçant ses anciens associés de poursuites judiciaires, s’épanchant sur ses problèmes de santé physiques et mentaux, partageant ses pensées suicidaires et se livrant sur ses relations compliquées avec sa famille et ses enfants.

Elle a parlé publiquement de sa maladie mentale, déclarant qu’elle avait été diagnostiquée comme souffrant de troubles bipolaires. En 2017, Mme O’Connor a également publié une vidéo sur Facebook depuis un motel du New Jersey où elle vivait, disant qu’elle restait en vie pour le bien des autres et que si cela ne tenait qu’à elle, elle serait « partie ».

Après le suicide de son fils Shane, âgé de 17 ans, en 2022, elle avait écrit sur Twitter qu’il ne servait à rien de vivre sans lui et a rapidement été hospitalisée.

Elle avait annoncé en 2018 s’être convertie à l’islam et fait savoir qu’elle adopterait le nom de Shuhada’ Davitt, bien qu’elle ait continué d’utiliser Sinead O’Connor sur le plan professionnel.

Le Monde avec AP et AFP